Bonsoir tout le monde.
Nous sommes les archivistes de notre propre vie. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes afin de retracer nos vies, nos parcours amoureux, nos passions culturelles, et goûts en tout genre. Je ne sais pas si cela intéresse grand monde, mais je pense que cela aide à mieux se comprendre soi-même, et de se rappeler d’où on vient.
Tout ce discours pompeux - que j’assume - n’est pas à l’origine de cette rubrique Friday Rewind ; j’avais simplement envie de parler de moi à travers les choses que j’ai aimées, que j’ai pu aimer, et que j’aime toujours.
Ainsi, à chaque itération de cette rubrique, je parlerai d’une sélection de comics, de films, de séries TV, de musique, et de jeux vidéos - soit d’une de mes grandes passions - qui m’ont marqué.
Je tenterai de faire coïncider les dates des sorties de ces œuvres avec celle de publication de l’article, même si j’ai déjà manqué à cette règle dans l’article qui suit.
Bonne lecture !
X-Men 2099 #1
Publié par Marvel Comics le 17 août 1993
Autant le dire de suite, ce premier numéro de X-MEN 2099 n’est pas une grande réussite. Pourtant, depuis que Marvel Comics a lancé sa gamme 2099 - une dystopie futuriste qui emmenait le lectorat dans un futur possible de l’univers super-héroïque de l’éditeur -, j’attendais avec impatience que mon équipe préférée de l’époque ait le droit à leur version futuriste.
Il était évident qu’après Spider-Man, Doctor Doom et Punisher, Marvel Comics allait étendre sa gamme. Bien évidemment, le succès des titres X-MEN de l’époque allait encourager l’éditeur à lancer un titre portant leur nom, d’autant plus que la licence était facile à transposer dans ce futur dystopique.
Fort du succès d’estime de DOOM 2099, le scénariste John Francis Moore est à la charge de ce titre attendu avec le dessinateur star Ron Lim (SILVER SURFER, LE GANT DE L’INFINI…) à ses côtés.
Mais, voilà, le début de la série est un peu mollassonne et les personnages ne semblent être que des rip off des X-Men que nous connaissons dans l’univers original de Marvel. Ainsi, Xi’An fait penser à Charles Xavier, Cerebra à Jean Grey, Metalhead à Colossus, Meanstreak à Gambit, Krystalin à Storm, et Bloodhawk à Wolverine. Finalement, seul.e.s Skullfire, Junkpile, et Serpentina sortaient du lot, mais sans non plus être assez intéressant.e.s pour donner envie de lire la suite.
Personnellement, je n’ai pas découvert la série avec ce numéro, mais avec X-MEN 2099 #6 qui est l’un des premiers comics V.O. que je me suis achetés. Déjà, la série commençait à gagner en personnalité, même si elle était encore timide. Moore réussira tout de même à offrir un résultat global bien plus réussi par la suite.
Le hasard faisant bien les choses, le même mois que sortait X-MEN 2099 aux États-Unis, la France découvrait cet univers avec le premier numéro du mensuel 2099 sorti chez Semic France. Pour le coup, j’ai vraiment été emballé par ce que je découvris à l’époque. Certes, l’épisode de RAVAGE 2099 - série basée sur un personnage original co-créé par Stan Lee - n’était pas des plus passionnants. Par contre, les deux premiers épisodes de SPIDER-MAN 2099 étaient particulièrement géniaux. Le scénariste Peter David racontait l’histoire d’un personnage qui a des pouvoirs similaires à Peter Parker, mais qui avait une dynamique qui lui était propre. En plus, ces épisodes arrivaient à mixer parfaitement les intrigues de super-héros à celles des récits de science-fiction dystopique avec des éléments cyberpunks très marqués.
À vrai dire, ce n’est guère étonnant que certaines personnes vouent un culte au personnage au point qu’il est devenu l’un des protagonistes du film d’animation SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE, et que nous avons eu le droit à un omnibus de ses aventures originales en France grâce à Panini Comics.
YAGE “Anders Leben!?”
Ebullition Records / Sorti en Août 2023
Dans la construction de mes goûts musicaux, YAGE est clairement un groupe déterminant. Le groupe est surtout l'un des facteurs déterminants qui m'a conduit à m'intéresser à la scène musicale underground.
Lorsque j'ai entendu pour la première fois sa musique - avec l'excellent 3.-17. October 1984 si ma mémoire est bonne -, j'ai ressenti comme une évidence, le quintet de Cologne jouait la musique que j'avais toujours rêvée d'entendre. Ce mélange entre musique punk efficace et emocore sauvage était accompagné de mélodies marquées qui ne prennent pas en otage les sentiments de son audimat pour autant.
Le dernier album de YAGE, Anders Leben?!, sorti il y a vingt ans de ça est clairement le disque le plus abouti du groupe. L'année d'avant cette sortie, le groupe venait de sortir un 7" chez Level Plane Records, soit un aboutissement pour n'importe quel groupe d'emo underground de l'époque. Il avait alors proposé ses compositions les plus calibrées dans le genre, avec des breaks qui donnent envie de lever les bras en l'air tout en ayant des larmes coulant sur les joues (emo oblige). Les riffs de guitare complexes s'enchaînent dans un chaos extraordinaire qui balaie tout sur son passage.
Avec Anders Leben?!, YAGE n'a pas du tout emprunté la même voix. Les morceaux semblent bien plus sages avec un son plus propre, plus arrondi, nous faisant profiter pleinement des riffs de guitare complexes et des lignes de basse voluptueuses. Le disque est mélancolique, avec des sonorités qui rappellent le post-rock de l'époque. La musique s'exprime d'ailleurs plus librement, le chant d'Oliber Krebs et les cris sauvages de ses comparses ne sont plus au centre des compositions. Paradoxalement, en raréfiant ces éléments, YAGE les met plus en valeur, tel un bijou posé délicatement dans un écrin musical somptueux. Simplement, l'introduction du deuxième acte du morceau "Situations Are Like Cells" reflète à elle seule toute la beauté et l'intensité émotive des compositions de l'album.
Moins sauvage, plus dans la maîtrise, YAGE reste néanmoins lui-même suivant une évolution logique qui lui est propre. Vingt ans après, ce disque me fait toujours le même effet, sa mélancolie reste magique à mes oreilles.
Tom Clancy’s Ghost Recon Wildlands
Développé par Ubisoft Paris / Sorti le 7 mars 2017
Pour cette première édition de Friday Rewind, je voulais parler d’un jeu qui compte pour moi. Ainsi, TOM CLANCY'S GHOST RECON: WILDLANDS est devenu un choix évident.
L'avant-dernière itération de la licence TOM CLANCY'S GHOST RECON est un jeu de tir tactique à la 3e personne qui se déroule dans un monde ouvert représentant la Bolivie. Le jeu propose d'incarner une unité de 4 soldats d'élite qui agissent clandestinement afin de déstabiliser un cartel mexicain qui a pris le contrôle de la Bolivie. Thriller géopolitique, le jeu est surtout un shooter qui offre plusieurs approches possibles de la plus réaliste à la plus bourrin possible.
Aujourd'hui, je fête mes 8 ans dans le studio Ubisoft Paris. En effet, je suis arrivé le 1er Septembre 2015 en tant que World Builder - puis en Mission Designer - sur le jeu en question. WILDLANDS est sorti un an et demi plus tard, et il est très clairement ma plus grande fierté professionnelle.
Je ne suis pas là pour vendre les mérites du jeu - ou au contraire créer un débat -, je partage simplement une expérience professionnelle et personnelle qui me tient à cœur, sans laquelle je ne serai pas épanoui au travail aujourd'hui.
En tout cas, moi qui n’était pas très motivé par rentrer dans un grand studio de peur de n’être qu’un intégrateur au service de différents créatifs, j’ai été agréablement surpris de voir que ma contribution forgeait la personnalité du jeu, qu’il était possible de mettre de soi au sein d’une telle production. D’ailleurs, c’est l’une des raisons qui m’a motivé à rester au sein d’Ubi, et l’une des raisons pour lesquelles je suis toujours content d’y bosser.